El Mundo de Manu Chao

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Manu Chao 2 – bio

MANU CHAO / « Clandestino » : une bio-boussolle…


I/(Nord) MANU CHAO

Pendant quatre ans, il a été la paume, le pouls de la Mano Negra : le bruit des claques qu’elle a mises avec lui, après avoir enflammé les joues de l’Hexagone, s’est répandu bien au-delà . Et puis, pendant quatre ans, silence radio : voyages, rencontres, expériences…Mais la trace de la Main Noire ne s’est pas effacée : partout où il va -et il va partout !- les gens l’abordent et lui demandent  » Alors, Manu, qu’est-ce que tu fais depuis tout ce temps ? » Et MANU CHAO répond à tous  » Attends, je vais te raconter une histoire … » Et à chacun la sienne : Manu, le rocker déjà très bourlingueur, est devenu conteur d’histoires ! Glanées ici, vécues là, volées ailleurs et transformées tous les jours . Conteur « perdu dans le siècle », comme il le dit lui-même en riant, mais pas pour tout le monde : car les histoires de Manu ont le monde pour cadre, et pour but d’encore plus le secouer…

D’abord en chansons, naturellement, puisqu’il est musicien -plus que jamais – et chanteur -mieux que jamais ! En chansons, mais pas que… »Après la Mano, j’ai monté un groupe en Espagne, Radio Bemba ( téléphone arabe, bouche-à oreille en argot des rues de Saint-Domingue ) . On a répété pendant six mois à Madrid, puis on est parti en tournée : elle a explosé en Galice, le pays de mon père, juste au-dessus du Portugal . Enfant, j’y allais chaque été. Là, j’ai redécouvert l’endroit le plus vivant, le plus hanté, le plus fou d’Europe : sa pointe extrême avant l’Océan et les Amériques . J’en ai fait ma nouvelle base, le point de départ des aventures à venir… » Les premières ont nom « CLANDESTINO » (premier album de MANU CHAO),  » LA FOIRE AUX MENSONGES » ( spectacle-délire contre déluge de plomb) et « CARAVANE  » (des Quartiers en feu d’ici…et d’ailleurs) Elles s’entrecroisent et se renvoient la balle…

 

II/(Ouest) LA FOIRE AUX MENSONGES

Dans les vies et les langues de Manu, il y a un mot qui résume et unifie tout : la Fête ! Mais chaque chose ayant un sens et Manu celui du concret , dans les faits, la Fête, c’est la Foire : une réplique cinglante à l’Ordre . Une manifestation ourdie en Galice, une dynamique de Résistance…A quoi ?  » Aux mensonges ! Aux grands mensonges dont les puissants de ce monde saoulent les petits, les égarés, les démunis : ceux qu’ils appellent les exclus parce qu’en vérité, ce sont eux qui les chassent ! Les politiques nous baratinent, les média nous embobinent et tous nous mitonnent l’arnaque suprême, le coup de marketing global : la célébration obligatoire de l’an 2OOO ! Un cinquième de l’humanité, le plus riche, va imposer aux quatre autres, les plus pauvres, l’anniversaire d’un Deum, Jésus, dont ils se tamponnent le coquillart et qui n’est même pas né le jour dit ! Alors je propose de réagir en fanfare et dans les grandes largeurs : ils veulent de la Fête ? On va leur en donner ! Ils s’imaginent nous mener en bateau ? On va les prendre au mot ! Monter des cordillères de bobards, des montagnes d’impostures, investir des bateaux, des vrais, les charger de nos rages, de nos rêves, et mettre le cap sur la folie !.. » Manu parle en connaissance de cause : homme de scène, de contact avant tout, il était déjà partie prenante de « Cargo 92″ et « L’expresso del Hielo » , expéditions cirquo-musicales qui enflammèrent sa chère Amérique Latine dans un rebelle et généreux délire… »C’était un coup d’essai, de semonce : cette fois, ce sera puissance…2000 ! » Sur l’échelle Manu de la Foire aux Mensonges…Sauf que lui, on peut le croire ! Sur paroles et musiques…

III/(Est) CARAVANE

Manu n’a pas de groupe . Juste des chansons à lui, plein de chansons, et des projets, plein de projets . Ouverts, mouvants, collectifs et fumants. Dont il se veut le point d’ancrage, de ralliement . Le catalyseur solidaire et obstiné . Premier objectif ? La Foire Aux Mensonges . Véhicule ? Il existe : la Caravane des Quartiers . Elle, elle est née au Val Fourré, à Mantes-la-Jolie . D’un état de fait -révoltant- et d’une volonté -que ça change ! L’asso a essaimé un peu partout où c’est pareil ou pire : Valenciennes, Saint-Etienne, Toulouse, Marseille . Depuis des années d’efforts, de galères, de souvenirs communs, de joies immenses, aussi, Manu en est… » Caravane, c’est ma famille en France : entre cent et cent cinquante personnes de toutes les couleurs , de toutes les origines et de tous les ages . Prêtes à tout pour que ça bouge à donf et que ce mouvement-là soit enfin le leur, qu’il les rassemble et leur ressemble ! Moi, j’ai quelques clefs en main pour aider à canaliser toutes ces énergies qui pètent en tous sens …Et, accessoirement, je chante ! » Peu à peu, Caravane s’est mué en authentique spectacle total, torrentiel et itinérant : du cirque, des groupes de raï, des danseurs de hip-hop, des acrobates du chapiteau, des guedins du volant, des virtuoses de la gamelle, tout le monde au boulot, tout le monde au goulot !..Caravane est un lieu de Fête libératoire en perpétuel mouvement, auto-alimenté mais vorace de l’air des autres . Manu veut l’emmener se mêler aux geysers telluriques de la Galice . D’où appareilleront les chalutiers d’une nouvelle légende en train de se faire . En route vers les étoiles…

IV/(Sud) « CLANDESTINO »

 » De chaque balade au Brésil, à Barcelone, au Sénégal ou à côté de chez moi, je rapporte des monceaux de trucs : des sons piqués à la télé, des images chopées dans les rues, des échanges, des idées . Des bribes de ci, des copeaux de ça, de tout ! Avec une caméra HI8 et un petit stud’ qui tient dans la main, une guitare pourrie et un micro coincé en dedans, des potes partout et un ordi à la maison, il n’y a rien de plus simple que de pondre une chanson !..Après, c’est une question de densité, d’atmosphère . Et une affaire de choix . Pendant ces quatre ans passés à sillonner les trois continents où je retrouvais et trouvais des amis, j’ai pratiquement pu palper les traces laissées par la Mano . Et, curieusement, ce dont les gens se souviennent le mieux, c’est souvent les chansons lentes ! Celles qui me sont les plus personnelles, incroyable…

Une fois rentré dans un vrai studio, c’est cette atmosphère-là que j’ai eu envie de restituer, cette densité-là que j’ai choisie . Et puis les thèmes, les rythmiques, les arrangements et les paroles sont venus comme s’il en pleuvait s’enrouler autour des samples : on a enregistré plus de quatre-vingt titres, mixé près de quarante et finalement gardé seize…pour cet album : il y en aura d’autres ! Là, ce sont mes petites histoires intimes, des chansons pour veillées chaudes, celles d’un mec qui cherche des traces de lueurs dans le chaos (« Clandestino »), qui disparaît tout le temps (« Desaparecido »), qui ne sait toujours pas s’il court après la vie (« Mama Call ») ou au devant d’elle (« La Vie A 2″)…Mais que ça fait drôlement kiffer de savoir que, maintenant, ces chansons vont enfin pouvoir décoller toutes seules, vivre leur vie et se transformer chaque fois que quelqu’un les entendra, chaque fois que je les jouerai !.. »

Une en anglais, une en portugais, deux en français, douze en espagnol : en tout, seize grenades ! Mais grenades comme les fruits : pulpe écarlate à l’intérieur – les textes forts et sanguins de MANU ; rondes, fermes, d’un orangé chatoyant à l’extérieur – swing en boucles chaloupées, envoûtement des rythmes mexicains, brésiliens ou afro-cubains, samples souples et somptueux…

A l’opposé d’un vain raid exotique, « CLANDESTINO » est une immersion totale de l’âme et du corps dans des eaux très chaudes, très profondes et très troublantes . Et si les mots ont un sens, ce premier album de MANU CHAO amorce une vraie révolution : musicalement, elle est déjà de pure beauté…