Hot Pants

Joint de Culasse…. Los Carayos…

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Hot Pants 2

« Rien ne se crée, tout se transforme » : on connaîtl’adage cher aux scientifiques de tous temps et en tous lieux. La musique, elle non plus, n’a pas attendu Internet pour exister : écoutez ça et vous saurez que la Toile n’en donnera jamais autant que le cœur sur la main de quelques humains réunis au hasard de l’histoire…

Ainsi, de même que Rome ne s’est pas faite en un jour, Manu Chao n’a pas sorti son « Clandestino » d’un coup d’un seul, comme un prestidigitateur fait jaillir un lapin de son chapeau. Avant, il y eut tous les soubresauts pétaradants de la Mano Négra.

Et encore avant, les HOT PANTS. Quid, les Hot Pants ? Des « dessous chauds », parfaitement. Et vous savez quoi ?

C’était déjà très chaud et très décapant. D’ailleurs, ça l’est encore, et tellement qu’aujourd’hui, quatorze ans plus tard, « Loco Mosquito », leur premier et unique album, ressort. Pur fruit fortifié dans son jus et en fanfare garantie exempte de toute vaine nostalgie…

Les Hot Pants, à l’origine, s’appelaient Joint de Culasse. C’était aux alentours de 1980-81 : Mitterrand promettait de changer la vie à sa façon et ceux qui n’en n’espéraient pas tant – ou bien davantage- savaient bien que ça sentait plutôt le pétard mouillé. Il y avait là Manu à la guitare et au chant, son cousin Santi à la batterie et bientôt Jean-Marc à la basse. Ils jouaient un rock garage étourdissant avec des inflexions R&B et ne juraient que par Chuck Berry, les Coasters et les Clash.Quand éclata en France la scène indépendante -ou alternative-, vers 1984, ils s’étaient déjà augmentés d’un second guitariste, Pascal, rebaptisés Hot Pants pour les dames et tournaient comme des forçats évadés…

Un premier single, « So Many Nites », encensé par les média spécialisés jusqu’en Espagne, permit à Santi et Manu de renouer avec leurs racines ibériques : c’est lors d’un séjour à Grenade qu’ils se prirent de passion pour la langue du Quichotte et les reprises incandescentes de standards locaux. L’album, lui, s’intitulerait judicieusement « Loco Mosquito » ( le moustique fou, exact et juste contraire du loustic mou) et serait enregistré en deux semaines et demi à Bordeaux (arrosé donc d’honnête picrate, et non de vilains « médocs »), en été 86, avant de paraître à l’automne suivant. Il porte l’âcre et glorieuse marque des quelque 300 concerts qui l’ont précédé ( le plus souvent en compagnie de leurs frères et soeurs sanguins de la famille « tuyau de poêle » indé : les kingsnakes,Chihuahua, Négresses Vertes, Calamités, Los Carayos, Béruriers Noirs, Garçons Bouchers et autres Rita Mitsouko…) et comporte à l’époque 12 titres : 9 compositions maison et trois razzias en terres sacrées (Chuck, Los Chungitos…).A peine ce trésor fut-il dévoilé que ses créateurs le sabordèrent, tel un gallion échoué tout près d’un Nouveau Monde à portée de main mais encore invisible. L’équipage s’aggloméra ensuite aux Kingsnakes, avant de se scinder et de s’éparpiller. Malavida ? Déjà, oui. Mais pas pour tout le monde, ni pour toujours. Une voie était tracée…Et n’a pas fini d’être prolongée, agrandie. Aujourd’hui, son premier tronçon mérite le détour des voyageurs curieux. « Loco Mosquito » nous revient en vrille, agrémentée d’une boucle inédite « Can’t let it down ».Décidément, avec les Hot Pants, il n’y avait rien à laisser tomber !…