ManWoz

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Manwoz 8 – Perpignan

MANWOZ ET LE CRAYON MAGIQUE

PERPIGNAN > du 17 juillet au 28 septembre 2007

La peinture au service de la poésie pour aborder des thèmes aussi cruciaux que ceux des boats people et de la folie. C’est la première exposition en France du peintre Manwoz que l’on pourra voir à Perpignan, jusqu’au 28 septembre, puis à Casablanca, Paris, Valence, Toulouse…

À partir du 17 juillet et jusqu’au 28 septembre, à la médiathèque du quartier Saint-Jacques de Perpignan, aura lieu la première exposition en France d’un artiste dont on devrait entendre beaucoup parler dans les mois qui arrivent, puis dans les années à venir. Il se nomme Manwoz.

L’exposition, constituée de peintures sur toile, bois, tambour et autres objets est d’ores et déjà prévue comme itinérante après Barcelone et Perpignan, les prochaines étapes seront Casablanca, Paris, Valence, Toulouse…

Dans le panorama trouble de l’art contemporain, on peut, par moments, ressentir l’impression d’être revenu de tout, tant l’effort de provocation est devenu systématique et gratuit. Il est de plus en plus difficile d’être surpris, impressionné, voire même simplement touché par une oeuvre.

Les peintures de Manwoz sont apparemment simples, on n’y décèle pas de référence à des oeuvres significatives de l’histoire de l’art et elles ne constituent pas, à première vue, une provocation. En somme, si l’on n’y prête pas attention, ces oeuvres pourraient parfaitement passer inaperçues pour le public initié à l’art.

Mais en choisissant la salle d’exposition d’une médiathèque, Manwoz ne cherchait peut-être pas précisément à s’adresser à un public averti.

 

 

Beaucoup d’artistes critiquent le public restreint, convenu et plutôt bourgeois des initiés qui fréquentent les lieux d’art que sont les musées, galeries, foires d’art contemporain… mais peu d’entre eux assument leurs critiques au point de ne pas y exposer leurs oeuvres et de s’adresser à un public plus large.

Pour s’adresser à un public non initié, les artifices ne sont d’aucune aide. Pour Manwoz, impossible de tricher, il faut aller à l’essentiel par le plus court chemin entre lui et les spectateurs de ses oeuvres.

C’est d’abord par la couleur que Manwoz capte notre attention. Des couleurs si vives, si intenses, qu’elles arrachent un sourire et excitent l’oeil. Puis, on distingue sans peine ce qui est représenté : sur la plupart des oeuvres de cette exposition, de jolies négresses longilignes et de petits poissons apparemment inoffensifs, ainsi que des mots qui s’organisent en phrases comme par coïncidence.

On laisse volontiers voguer son esprit d’un tableau à l’autre et c’est alors que les mots et les images prennent peu à peu leur sens : les poissons ne sont pas si inoffensifs qu’ils ne le paraissent ; peut-être innocents, mais ils attendent néanmoins que les jolies négresseslongilignes tombent à l’eau pour s’en nourrir. Cette fable, cruellement ironique, nous rappelle alors à la réalité de ces milliers de naufragés qui se noient chaque année en voulant atteindre illégalement les côtes de l’Europe.

En nous racontant ce drame, d’une manière si poétique, Manwoz l’humanise et parvient à nous émouvoir là où les informations avec leurs chiffres, leurs images et leurs explications ne font que banaliser l’horreur du quotidien.

Bien sûr, l’art a dépassé ce genre de préoccupation bassement matérielle depuis belle lurette pour s’accorder avec le cynisme de mise dans le monde civilisé, mais n’est-ce pas l’essence même de la poésie que de nous permettre de nous adapter à une réalité qui, sans elle, est si intolérable qu’on ne peut faire autrement que de la nier en y devenant insensible ?

L’autre thème, traité dans le cadre de cette exposition est celui de la folie. Manwoz avoue lui-même être fou. Cependant, cet aveu surprend lorsque l’on voit la grande lucidité avec laquelle il aborde ce sujet. Il y a toutefois un aspect de sa personnalité qui pourrait sembler pathologique, bien qu’en fait il n’est en rien gênant pour l’artiste: Manwoz est persuadé qu’il se compose de deux personnes différentes. Ce qui le conduit à dire: « Nous sommes deux à avoir travaillé sur ces peintures et c’est l’autre qui à le crayon magique. » Cependant, lorsque l’on croit parler à « l’autre », il nous dit « Ce n’est pas mon style et ce ne sont pas non plus mes couleurs, Manwoz est multiple, c’est une sorte de Frankenstein et son propos n’est pas seulement le mien. »

Le mystère aurait donc pu rester complet si Manwoz n’avait décidé, sans doute par honnêteté, de révéler les noms de scène de ses deux composants : Jacek Woźniak et Manu Chao.

Jean-Philippe Peynot

infos pratiques

du 17 juillet au 28 septembre 2007

Médiathèque de Perpignan

15, rue Émile Zola

Perpignan

le site web de Médiathèque