5/09/09

Chao must go on!

Manu Chao est de retour en France.

Au programme: une tournée mais aussi

un concert à la Fête de l’Huma, le 11 septembre prochain.

Alexis Campion

« J’ai hâte, on va jouer dans des villes où ça faisait longtemps…« , annonce Manu Chao. A commencer par La Courneuve pour la Fête de l’Humanité dont il sera la vedette le 11 septembre prochain. Mais il va aussi poser son Tombolatour, la tournée issue de son ultime « carnet de route sonore« , La Radiolina, parue fin 2007, dans quelques autres lieux qui n’avaient pas été « servis » en 2008*. En version plus rock, scène oblige, on y retrouvera Mala Fama, Rainin in Paradize, Politik Kills, La Vida Tombola, et bien sûr l’obsédant et bariolé El Hoyo, lequel hante le concert sur tous les tons à renfort de ses cris dingos et décharges de trompette mexicaine. En conformité avec sa politique de résistance à l’envolée de tarifs de spectacles, les billets en dehors de la Fête de l’Huma seront invariablement vendus 29 euros.

Manu Chao concert

(Foto Reuters)

Manu Chao revient de loin. Sa tournée l’a mené en juin dernier en Russie, sillonnée en train, le temps d’assurer une poignée de concerts à Moscou, Kazan, Saint-Pétersbourg. Juste avant, il était aussi passé par l’Afrique où il surveille la production du premier album de Smod, un groupe hip-hop qui assurera les premières parties des spectacles de septembre. Et par l’Argentine où il œuvre avec la Colifata, une association qui organise depuis quinze ans des « micros ouverts » et des « ateliers radio » à l’hôpital psychiatrique Borda de Buenos Aires. A la suite de son séjour, il a édité gratuitement en ligne (www.vivalacolifata.org) une vingtaine de musiques qu’il a composées pour accompagner des textes écrits et interprétés par des patients. « Avec eux, je prends des leçons de lucidité, on partage notre savoir-faire. Ils m’aident autant que je les aide. »

« On adore jouer dans les petits clubs, mais c’est compliqué« 

Ce périple l’a conduit loin de ses bases du vieux Barcelone et du café Las Guapas où il aime s’attabler. De l’extérieur, l’endroit ressemble à une gargote graillonnante et sans cachet. A l’intérieur, on y trouve plus d’espace que prévu et une ambiance familiale qui tient chaud au cœur de l’artiste. « J‘ai longtemps eu mes bureaux au-dessus de ce café mythique. C’est ici que fut tournée la scène du crime dans un film culte espagnol, Los Tarantos, un genre de Roméo et Juliette gitan. »

Mais il ne fait pas mystère de son inquiétude pour ces lieux conviviaux et décorés à l’ancienne, fréquentés par les vieux du quartier qui l’embrassent comme un fils. « Tout a beaucoup changé en dix ans. La ville mène une politique étrange et hypocrite avec les musiciens de rue, les quartiers historiques sont cernés par les bulldozers, les loyers délirants et beaucoup de gens virés de chez eux. Heureusement il nous reste des arrière-cours mais leur seule politique, ici, c’est le Forum, une salle moderne qui n’est rien d’autre qu’une grosse spéculation immobilière. A ce compte, on préfère jouer en banlieue, à Mataro ou à Rubi ! »

Dans la pratique, les concerts de Manu Chao dans Barcelone sont quasi secrets. « On adore jouer dans les petits clubs mais comme il est impossible d’y accueillir plus de 1000 ou .500 personnes, c’est compliqué. Alors on s’invente des pseudos comme Las Bombachita Sisters, Atomic Pardales… » Que les Français se rassurent. Ils n’auront pas à décrypter les lieux et dates de ses futurs concerts. Manu Chao y vient sous son vrai nom.

* Entre autres, le 7 septembre à Chambéry, le 13 à Calais, le 19 à Saint-Etienne, le 1er octobre à Nice.

Baionarena, double CD/DVD live enregistré l’été 2008 aux arènes de Bayonne (avec un documentaire intitulé Carnet de voyage) sort le 14 septembre.