10/06/08

Manu Chao invente au jour le jour

Manu Chao invente au jour le jour

Retour sur les scènes françaises

Paris

10/06/2008 -

Depuis sept ans, Manu Chao ne s’était plus lancé dans une tournée française des grandes salles. On l’avait vu sporadiquement dans de petits lieux, dans des festivals, dans des circonstances plus ou moins militantes plus ou moins liées au mouvement altermondialiste. Mais, depuis le 29 mai à Toulouse, avec pour la première fois à son répertoire des titres en français, il donne 17 concerts dans l’Hexagone, jusqu’aux 30 et 31 juillet aux Arènes de Bayonne, auxquels il faut ajouter le Paléofestival de Nyon en Suisse, tout près de la frontière, le 24 juillet. L’occasion d’un rapide tour d’horizon du paysage musical et des activités variées de Manu Chao.

RFI Musique : Votre dernier album est sorti chez Because, jeune maison de disques créée par Emmanuel de Buretel, qui avait été votre « patron » jadis chez Virgin-EMI. Comment cela se passe-t-il ?

Manu Chao : Je suis parti de chez EMI pour une histoire syndicale. Ils licenciaient tous les gens que je connaissais alors que moi j’étais « priorité internationale ». Ça ne m’allait pas du tout. Avec Because, tout se passe bien. Contractuellement, je peux choisir mes distributeurs pays par pays. Dans certains pays, c’est encore Warner qui distribue parce que je n’ai pas trouvé de filière locale. En Espagne, par exemple, c’est un petit indépendant, K Industria. Et je constitue petit à petit un réseau.

Nous signons des contrats disque par disque avec Because, donc je suis actuellement libre de contrat mais je n’ai pas envie d’aller ailleurs. Mais est-ce qu’en parlant de sortir des CDs, on ne parle pas de quelque chose de complètement archaïque ? La Radiolina est un peu une aventure intermédiaire. On invente au jour le jour.

Inventer dans quelles directions ?

Selon nos élucubrations actuelles, il est possible que mon prochain album soit une radio sur ma page internet, avec peut-être un point de vente pour que les gens l’achètent. Ce qui est clair, c’est que mon prochain objet ne sera peut-être pas physique. Ma maison de disques pense la même chose et c’est aussi poussé par elle, que je mets mon énergie dans ma page web et que j’essaie d’en faire un objet artistique.

Dans le contexte de la crise du disque, comment voyez-vous le futur du business de la musique ?

On n’est plus dans le même monde. A plus ou moins long terme, la musique enregistrée va être gratuite et il ne faut pas compter en vivre. Dans mon cas, ce n’est pas trop compliqué ; ça l’est plus pour beaucoup de groupes. Les musiciens vont devoir vivre de la scène. Que les gens téléchargent mes chansons sur internet, ça ne me gratouille pas. Je vis bien, je n’ai pas de gros besoins d’argent. Mais pour les groupes qui débutent, ça fait mal.

La situation économique et artistique de la musique ressemble-t-elle à ce dont vous rêviez au temps de l’alternatif ?

Le monde autour de nous a tellement changé que les rêves des années 80 sont complètement caducs. C’est difficile de se référer à des rêves d’il y a vingt ans, d’une époque où il n’y avait pas internet. Mais il y a un groupe qui n’a pas vieilli dans le son : Bérurier Noir. Si on ne les connait pas et qu’on les découvre, on peut croire que ça été fait hier. C’est le groupe qui est resté le plus moderne, qui a le moins subi l’outrage du temps. La Phaze (qui fait plusieurs des premières parties de la tournée de Manu Chao), c’est vraiment la filière Béru.

Vous avez produit le prochain album de Smod, groupe de Sam, le fils d’Amadou et Mariam. Comment cela s’est-il passé ?

Quand je travaillais avec Amadou et Mariam à Bamako, nous étions en studio dans la journée et le soir, je montais sur la terrasse avec Sam, leur fils, et son groupe – la faune hip hop et ragga de Bamako. J’ai commencé à les enregistrer et la première chose qui s’est passée, c’est que j’ai fait écouter ça aux parents, qui ne savaient pas ce que faisait leur fils, et une chanson a fini sur le disque d’Amadou et Mariam, Politic amagni. Et j’y suis retourné pour finir d’enregistrer l’album de Smod.

Cette tournée se déroule dans des grandes salles, mais on sait que vous aimez jouer devant un public plus restreint. Pas de frustration à jouer à Paris Bercy et dans les Zénith de France?

J’alterne les deux. En Europe du Nord, l’automne et l’hiver derniers, c’était une tournée un peu carrée avec des salles de 10.000 places en Suède, Norvège, Danemark, Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne et Irlande. Mais ça ne nous a pas empêché, les jours off, de jouer ailleurs. On a joué pour un squat au Danemark, par exemple. Et puis on a monté en quelques jours un concert pour les copains de Liège qui m’invitaient quand à l’époque héroïque, on ne trouvait pas un concert à Paris. Ils ont trouvé une usine désaffectée et on a joué pour 3000 personnes avec – 2° C dans la salle ! En dehors des périodes de tournée, je ne fais que des choses comme ça. On est vraiment très forts quand on joue dans les bars, ce qui est super important pour tester les nouvelles chansons.


Ecoutez un extrait de La Vida tombola


Les 11 et 12 à Paris (Bercy), le 14 à Douai, le 16 à Strasbourg, le 18 à Dijon

Disco del Día

« Me llaman calle » por Manu Chao

por Patricia Matuk

Artículo publicado el 10/06/2008 Ultima reactualización 10/06/2008 15:11 TU

Manu Chao

Manu Chao

Depués de dar un concierto relámpago tras la salida de « La Radiolina » hace menos de un año, Manu Chao vuelve a París para un concierto que ya se estaba haciendo esperar. Con referencias sonoras extraídas de sus viajes y gustos musicales, Chao propone en « La Radiolina » un recorrido musical para cantar el amor y el desacuerdo pero también las visiones de… y los sueños para… un mundo mejor.

Después de « Clandestino », « Próxima Estación Esperanza », « Radiobemba Sound System » y « Sibérie m’était contée », « La Radiolina » es una manera de poner en canciones, como los capítulos de un programa radial, una visión del mundo.

De Manu Chao, que se presenta este miércoles 11 de junio en el Paris- Bercy, es este tema de « La Radiolina »: « Me llaman calle ».