10/10/10

Mapuche: 70 jours de grève de la faim

communiqué n°9 des occupants en soutient aux Mapuche à Paris:

À la fin de notre neuvième journée d’ occupation en face de l’ambassade Chilienne, nous sommes très préoccupés de la dégradation de l’état de santé des prisonniers politiques Mapuche ,qui amènent leur grève de la faim jusqu’aux dernières conséquences.

Les médecins qui les voit assurent catégoriquement qu’ils sont déjà entré dans la phrase 3, qui compromait gravement leur pronostic vital et qui, à n’importe quel moment, peut entrainé la mort de l’un d’eux ,inclus un bas niveau de nutrition. L’entêtement et une déshumanisation du gouvernement de piñera, a empêché d’obtenir une solution à cette tragédie annoncée, en mettant une barrière au dialogue avec ceux-ci et faisant soude oreille aux interventions des médiateurs ou « des facilitateurs » comme l’Archevêque Ezatti ainsi que les nombreuses demandes et les manifestations d’organismes internationaux et nationaux au nom d’une solution immédiate qui finirait la grève de la faim, en considérant les justes revendications des Mapuche en jeûne prolongé..

L’intransigeance du gouvernement l’amène à assumer automatiquement la responsabilité d’un dénouement fatal, en se convertissant en assassins de Mapuche, ayant été répudié par l’opinion publique internationale et chilienne, qui avec des efforts courageux lui ont averti des conséquences de son obstination.

Nous savions que l’élection de Piñera entrainerait avec lui la continuation du pinochetisme et que se manifesterait tôt ou tard l’application d’une politique répréssive dirigé en premier lieu vers le peuple Mapuche et ensuite sur tout secteur adversaire qui montre sa détermination de lutte contre ce gouvernement ultra libéral qui poursuit sa politique de privatisations ,de contre-réformes attentatoires aux intérêts du peuple Chilien.

Ces derniers temps,des acceptations indistinctes, la répression des manifestations de rue, les emprisonnements préventifs…démontrent les intentions d’un Etat élitiste disposer à exercer la violence contre le peuple. Il nous parâit urgent de dénoncer le gouvernement Chilien dans toutes les instances nationales et internationales de défense des peuples originaires face aux violations des droits humains fondamentaux.

Le croissant et le substantif appui à la cause Mapuche à travers de multiples jeunes dans différents secteurs de la société montre clairement la rupture de l’indifférence face à l’injustice et l’arbitrage. Nous, Commission Éthique contre la Torture,section France, ne cesserons pas de nous indigner et nous rebeller devant l’ignominie de l’actuel gouvernement et par conséquent, nous continuerons de manifester en face de l’ambassade, la représentation officielle du pouvoir asservisseur de ce gouvernement élu par une minorité de votants et constitutionnellement illégitime puisqu’il a surgi après 17 ans de dictature militaire, » pièce de rechange » négociée par un bloc politique qui a gouverné pendant 20 ans sous le auvent des lois et de décrets de cette milice, et qu’il a préservé et a développé les politiques néolibérales en pleine évolution.

Les revendications des prisonniers politiques Mapuche en grève de la faim depuis 76 jours et qui protestent justement contre l’effronterie que comporte ce qu’ils nomment des « actes terroristes », qui, dans le concert des nations ne relaient plus que de la lutte sociale, en s’ajoutant des procédures juridiques aberrantes de procès civils et militaires à la fois, ainsi que l’utilisation de témoins masqués contre les inculpés démontrent longuement une caricature de justice qui dépasse les normes internationales.

CECT France, Paris, 25 Septembre 2010

CHILI : TOUS VIVANTS, TOUS LIBRES !

SOLIDARITÉ AVEC LES 34 PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE

EN GRÈVE DE LA FAIM !

Au sud du Chili, 34 Prisonniers Politiques Mapuche sont en grève de la faim depuis plus de 60 jours, répartis dans six prisons, pour faire connaître et aboutir leurs revendications.

Les médias ont fait connaître au monde entier la situation dramatique des 33 mineurs chiliens prisonniers des entrailles de la terre. Au même moment, 34 Prisonniers Politiques Mapuche risquent leur vie dans une inacceptable indifférence. Ils se battent ainsi que leurs familles pour dénoncer le silence des médias et le mépris des autorités pour leurs revendications.

Injustement victimes de la loi antiterroriste héritée de l’époque Pinochet, ils ont pris l’ultime des décisions pour se faire entendre.

Pourquoi cette « injustice »?

La loi 18.314, connue sous le nom de « loi antiterroriste », est utilisée, aujourd’hui, principalement pour stigmatiser et écraser les mouvements sociaux et particulièrement ceux du Peuple Mapuche. Les actuels accusés (96 au total) se trouvent judiciairement dépourvus de tous les moyens de défense du Droit commun, ce qui se traduit par une série d’irrégularités : « présomption de culpabilité », détentions arbitraires, tortures et châtiments psychologiques, détentions provisoires prolongées, non-signification des charges retenues contre eux, accusations basées sur des déclarations de « témoins sans visage » avec lesquels il n’y aura aucune confrontation, déplacements arbitraires et harcèlement incessant de la police chilienne dans leurs communautés.

À l’appel lancé par le « Collectif des familles des prisonniers politiques Mapuche au Chili », pour soutenir internationalement les revendications de ces hommes et enfants en grève de la faim, le Collectif de soutien au Peuple Mapuche en France* soutient leurs revendications :

- La fin d’utilisation de la loi 18.134, connue sous le nom d’antiterroriste, appliquée par le régime de Pinochet à l’encontre des opposants à la dictature et, à présent, tout spécialement à l’encontre du Peuple Mapuche;

- La fin du double jugement – civil et militaire – imposé aux inculpés Mapuche pour des affaires à caractère civil.

- La révision de tous les jugements antérieurs concernant les membres de communautés Mapuche condamnés au titre de la loi antiterroriste.

- La reconnaissance de leurs droits environnementaux, sociaux, culturels et politiques, en accord avec la Convention 169 de l’OIT approuvée par le Congrès chilien et en vigueur depuis septembre 2009.

Par conséquent, nous appelons à manifester notre solidarité avec les Mapuche en grève de la faim, Mercredi 15 septembre 2010, à partir de 19h, place Salvador Allende, face à l’Ambassade du Chili.

12 septembre 2010

(*) Ce Collectif regroupe la Fondation France-Libertés, l’AFAENAC, la Commission Amérique Latine du MRAP, le Collectif pour les Droits de l’Homme au Chili, le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques – CSIA Nitassinan, l’Association France Amérique Latine, l’Association des Ex-réfugiés politiques de Fontenay-sous-Bois, l’Association RELMU Paris, l’Association Terre et Liberté pour Arauco, l’association Nuevo Concepto Latino, l’Association La Bizikleta.

Communiqué de presse Paris, le 7 septembre 2010

France Libertés et le collectif de soutien au peuple Mapuche

en France appellent à manifester en solidarité

avec les grévistes de la faim mapuche

Mercredi 8 septembre à 18h30

Devant l’Ambassade du Chili

2, av. de la Motte Piquet – Paris

France Libertés et le Collectif de soutien au peuple Mapuche en France se fait l’écho des demandes des prisonniers politiques mapuches et invitent les acteurs de la défense des droits humains à manifester devant l’Ambassade du Chili à Paris mercredi 8 septembre à 18h30.

34 prisonniers politiques mapuches, dispersés dans 5 prisons du Chili et en grève de la faim depuis presque deux mois, se battent avec leurs familles pour éviter l’oubli et l’insoutenable silence.

Actuellement au Chili l’histoire des 33 hommes coincés dans une mine au Nord du Pays est devenu un véritable feuilleton politico-médiatique, tandis que 34 indigènes mapuches, originaires ou résidents du Sud du Chili, injustement victimes de la loi antiterroriste héritée de l’époque Pinochet, ont pris l’ultime des décisions pour se faire entendre.

Quelles sont les éléments de leurs revendications?

- La fin d’utilisation de la loi 18.134, connue sous le nom de loi antiterroriste, appliquée

tout spécialement contre le peuple Mapuche;

- La fin du double jugement – civil et militaire – imposé aux inculpés mapuche pour des affaires à caractère civil.

- La révision de tous les jugements antérieurs concernant les membres de communautés mapuches condamnés au titre de la loi antiterroriste.

- La reconnaissance de leurs droits environnementaux, sociaux, culturels et politiques, en accord avec la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail approuvée par le congrès chilien et en vigueur depuis septembre 2009.

Pourquoi cette injustice ?

La loi 18.314, connue sous le nom de « loi antiterroriste », a été utilisée exclusivement pour éteindre les mouvements sociaux du peuple Mapuche. Les accusés (96 au total) se trouvent judiciairement dépourvus de tous les moyens de défense du Droit commun, ce qui se traduit par une série d’irrégularités parmi lesquelles : la présomption de

culpabilité, les détentions arbitraires, les tortures et châtiments psychologiques, les détentions provisoires prolongées, la non-signification des charges retenues contre eux, les accusations basées sur des déclarations de « témoins sans visage » avec lesquels il n’y aura finalement aucune confrontation…

Nous invitons la presse à suivre cette manifestation et à faire connaître cette double injustice au même visage : au Nord du Chili il y a 33 personnes coincées dans une mine, au Sud 34 sont ensevelie sous l’injustice.

Retrouvez la Fondation France Libertés

sur www.france-libertes.fr et sur sa page facebook

Contact presse : Rita Cristofari, Responsable Service de Presse.

Prisonniers politiques Mapuche : 55 jours de grève de la faim

Aujourd’hui 4 septembre, tandis que l’on célèbre les 40 ans de la victoire démocratique qui porta Salvador Allende à la présidence du Chili, 32 comuneros* Mapuche, prisonniers politiques victimes de l’arbitraire de l’Etat chilien en sont au 55ème jour de leur Grève de la Faim. Quels sont les effets d’un jeûne aussi long ? Selon des médecins spécialistes, à partir de la sixième semaine de jeûne, le risque de séquelles irréversibles est de 90%. L’organe le plus affecté est le cerveau qui a besoin de 120 grammes de glucose par jour. La confusion mentale est l’un des principaux symptômes qui indiquent la détérioration irréversible, oui, irréversible.

Hier, 3 septembre, le président chilien Sebastián Piñera a fait pour la première fois allusion à la Grève de la Faim menée par des comuneros Mapuche et il a annoncé l’envoi au Parlement de deux mesures légales : l’une qui « modernise et modifie la justice militaire » (parmi les nombreuses méconnaissances de Piñera, figure cette phrase de Charles Louis de Secondant, Baron de Montesquieu, le grand précurseur de la séparation des pouvoirs : « La justice militaire est aussi nuisible à la justice que la musique militaire l’est à la musique ») et l’autre pour « perfectionner et standardiser mieux le délit antiterroriste ». Le langage n’est pas non plus un allié fidèle de Piñera, ou bien quelqu’un peut-il expliquer en quoi consiste un « délit antiterroriste » ?

Au cinquième jour de la Grève de la Faim, les comuneros Mapuche ont commencé à souffrir de troubles importants touchant le foie et les reins. L’organisme cesse de consommer le glucose et le glycogène stockés et il commence à consommer les graisses qui sont la dépense énergétique des êtres humains. La réserve de graisses est épuisée au bout de 40 jours de jeûne.

On applique aux comuneros Mapuche une législation antiterroriste qui les prive des droits fondamentaux garantis par l’Etat de Droit, et pour justifier la mesure, on se réfère à des informations « classifiées » qui éventuellement – il paraît qu’on dit qu’ils auraient dit…- lieraient, par exemple, les Mapuche aux FARC de Colombie. Ces informations maintenues dans le secret absolu ont été fournies par l’ex-président colombien, Alvaro Uribe, un individu qui a quitté la présidence en laissant un héritage de 32.000 disparus, chiffre supérieur à la somme de toutes les disparitions dans toutes les dictatures d’Amérique Latine. Au moins 1.700 de ces disparus sont appelés « faux positifs », ce sont des jeunes, assassinés par l’armée et la police colombienne, présentés comme des guerrilleros morts dans des affrontements. Toute la gestion d’Alvaro Uribe au cours de ses deux mandats, a pu compter sur le soutien et l’approbation du gouvernement des Etats-Unis. Quelle crédibilité peut bien avoir une information fournie par un individu de la même engeance qu’Alvaro Uribe ? Il y a un peu plus d’un an, le Batallón Boyacá a présenté à la presse les cadavres de vingt guerrilleros morts au combat. Tous étaient des paysans, des pauvres, raflés au hasard et assassinés pour justifier les mesures antiterroristes du gouvernement. L’un d’entre eux était un handicapé qui ne pouvait pas bouger les bras mais fut présenté avec un fusil dans les mains. Quelle valeur légale peut avoir l’information donnée pour génocide ? Mais cette information constitue l’un des motifs qui, selon le gouvernement chilien, celui d’aujourd’hui et celui d’hier, justifie l’application des lois antiterroristes aux Mapuche.

À partir du 30ème jour de leur Grève de la Faim, les comuneros Mapuche ont commencé à ressentir une fatigue immense qui empêche presque de parler. La dénutrition affecte tous les mécanismes de l’organisme. À partir du 40ème jour – et ils en sont déjà au 55ème-, la détérioration devient évidente avec un affaiblissement physique produisant une immobilité, des pertes de conscience et une apathie généralisée, symptômes des dégâts irréversibles causés par le manque d’énergie.

Hier, lors d’une rencontre entre le président Sebastián Piñera et les partis de la représentation parlementaire, la dirigeante du PPD, ex-ministre porte-parole du gouvernement et de la Concertation, Carolina Tohá, s’est félicitée de cette rencontre ainsi que de la disposition du chef de l’Etat à rechercher une solution au « conflit créé par les Mapuche ». Et elle a ajouté : « Nous allons appuyer une instance de dialogue qui permette de jeter des passerelles vers les comuneros en grève de la faim ».

Carolina Toha sait que sous le gouvernement dont elle fut ministre, de même que sous le précédent, et ainsi en remontant jusqu’à la dictature, et plus loin encore, jusqu’à l’année 1810 lorsque les enfants et petits-enfants des encomenderos** décidèrent l’indépendance du Chili, elle sait que rien n’a jamais été fait pour arrêter le pillage des terres, la spoliation et l’humiliation du peuple Mapuche.

Pour tous les gouvernements du Chili, les Mapuche ont toujours représenté des rebelles en puissance, qu’il fallait maintenir dans la soumission et la répression. Au Chili, la droite exprime au moins clairement son idéologie arrogante et ainsi l’a fait entendre, lors de la réunion avec le chef de l’État, le porte-parole de la UDI, Juan Antonio Coloma : il a déclaré que son groupe « ferait un effort pour résoudre ce conflit », mais il a souligné qu’il s’agit « d’un problème hérité des administrations précédentes et cela ne mérite pas une réforme de la loi antiterroriste ». Le cynisme est la grammaire du racisme chilien.

J’écris ces lignes aujourd’hui, 4 septembre, et le parfum d’une nuit quasi printanière, une nuit de gaieté sereine du temps de mes 20 ans, me revient en mémoire. Une multitude de femmes et d’hommes modestes, jeunes pour la majorité, nous embrassaient devant la maison de la Fédération des Etudiants du Chili. Nous attendions Salvador Allende, pour que débute notre rêve révolutionnaire qui transformerait la société. Nous n’y sommes pas parvenus. Nous n’avons pas pu. Mais nous nous sommes donnés à fond et c’est notre fierté. Beaucoup ont payé de leur vie cette tentative de faire du Chili un pays juste, un pays qui considère enfin avec respect les légitimes revendications du peuple Mapuche.

J’aimerais y repenser avec joie, mais je ne peux pas, parce que ce jour qui est le 4 septembre, un groupe de 32 comuneros Mapuche, Gens de la Terre, Prisonniers Politiques du capital, jouent leur vie dans une Grève de la Faim qui en est à son 54ème jour. Ils demandent justice et pour la Nation Mapuche, la justice est beaucoup plus qu’une brassée de normes légales.

C’est leur terre, leur terre bénie, leur terre chérie, et là est le problème de fond que les descendants des encomenderos et des Européens de toute latitude qui sont venus usurper leur territoire se refusent à comprendre.

Luis Sepúlveda, Gijón, 4 septembre 2010

*Comuneros : membres des nombreuses communautés Mapuche du Chili.

**Encomenderos :« L’encomienda » était une institution espagnole en Amérique à l’époque coloniale. Elle consistait à diviser les Indiens en plusieurs groupes mis au service d’un « encomendero ». Les Indiens devaient payer un impôt et travailler pour ce maître qui se chargeait aussi de les évangéliser.

Traduit de l’espagnol (chilien) par Dominique Grange.

http://www.lemondediplomatique.cl/Prisioneros-Politicos-Mapuche-55.html

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