20/08/09

Résistance et répression au Sahara occidental occupé

Acharnement sur un militant sahraoui


La police arrête Ennaama Asfari,

défenseur des droits de l’homme au Sahara occidental.

Depuis le 14 août, Ennaama Asfari est en détention administrative dans la ville marocaine de Tan-Tan. Citoyen sahraoui, résident en France et coprésident du Comité pour le respect des droits de l’homme au Sahara occidental (CORELSO), il a été déféré devant le juge du tribunal de première instance qui a reporté son procès à lundi prochain. Selon les policiers, Ennaama Asfari aurait insulté les policiers, lors d’un contrôle d’identité, où son neveu, également présent, n’aurait pas été en mesure de présenter ses papiers.

Difficile de croire à un contrôle de routine. Militant reconnu, dont la famille réside à Tan-Tan, ce juriste de formation a déjà été, par le passé, victime de harcèlement de la part des autorités. En 2007, la police marocaine lui a purement interdit d’entrer dans la ville de Samra qu’il souhaitait visiter avec des parents. Trois mois plus tôt, il avait fait l’objet d’une première arrestation. Enfin, il y a un an, il a purgé une peine de deux mois de prison ferme pour conduite présumée en état d’ivresse – mais sans qu’on n’ait procédé à aucun examen – et agression. À l’époque, il avait subi des violences.

Cette nouvelle détention relève d’une tentative d’intimidation « dans un contexte de restrictions de la liberté d’expression et de déplacement des Sahraouis », précise Michèle Decaster, présidente de l’Association française d’amitié avec les peuples d’Afrique (AFASPA). Lors de son arrestation, Ennaama Asfari a été battu par des policiers qui l’ont accusé d’être un agent de l’Algérie, rapportent plusieurs associations de soutien.

Cathy Ceïbe