17/11/10

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17/11/2010 – 11:09

UE et Sahara occidental : le poisson avant la paix ?

Ce mardi 16 novembre des députés Verts
et ALDE ont organisé une réunion sur le
Sahara occidental au Parlement européen.
Le thème portait principalement sur la question
de la pêche. Comme l’a souligné Eva Joly, l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc
arrive à son terme en février 2011. Il est actuellement en débat au sein du Parlement européen et nous, Les Verts, ferons tout pour qu’il n’inclue plus les côtes du Sahara
occidental. L’accord sous sa forme actuelle
est en effet inacceptable pour plusieurs
raisons : il est illégal au regard du droit international, il n’est pas éthique (l’UE paye
144 millions d’euros par an pour pêcher dans
les eaux du Sahara occidental alors que dans
le même temps 1/5 des enfants Sahraouis
sont victimes de malnutrition), il est utilisé politiquement par le Maroc pour consolider
son contrôle du Sahara occidental, il gaspille
les taxes des citoyens européens. Le droit international de la mer est clair: le Maroc ne
peut être considéré comme l’autorité légitime
sur les eaux du Sahara occidental.

Aminatou Haidar a, en conclusion,
fait une intervention très forte à propos du démantèlement violent par les forces marocaines d’un camp de toile où des dizaines de milliers de Sahraouis s’étaient installés depuis la mi-octobre pour protester contre leurs conditions de vie. Se posant comme porte-parole des Sahraouis, elle a exigé une commission d’enquête internationale sur les événements du 8 novembre dernier. Elle a également rappelé l’urgence de l’élargissement du champ d’intervention de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) au suivi des Droits humains, ou au moins l’attribution de cette compétence à un autre organisme de l’ONU. Enfin, elle a rappelé la nécessité de mettre en œuvre les recommandations de la Commission Ad-Hoc du Parlement européen pour le Sahara occidental. Il conviendrait notamment que la Commission européenne, à travers sa Délégation à Rabat, suive de plus près la situation des droits humains au Sahara occidental et envoie régulièrement des missions d’information sur place.