Mysquat, par Jackie Berroyer

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Jackie Berroyer 2

Manu veut bien m’héberger

Il est hospitalier. Avant moi il hebergeait déjà Ramon, son père. Maintenant il a moi en plus. Il s’occupe des vieux. C’est un homme de coeur. Et c’est bien dans cette societé jeuniste et cruelle. Il nous heberge mais nos propos n’engagent que nous. Je ne sais trop ce que vais vous raconter dans mon squat. Je vous parlerai un peu de Manu quand même. -Habituellement dans la presse je parle de moi, mais vous êtes fan de Manu. Pas de moi. Ca ne va pas m’empêcher de parler de moi. Je le fais déjà sans me gêner dans « Vibrations », un très bon journal de musique. J’y tiens une chronique intitulée « Parlons peu, parlons de moi ». Avec ce titre je suis couvert. Je ne suis pas obligé de parler de musique. Dans le site de Vibrations, vous pouvez depuis peu entendre Manu parler d’une rencontre avec Kusturica à sept heures du matin dans une station service, en Argentine. Il lui fait découvrir la nouvelle chanson sur Maradona qui est dans « La Radiolina », et qui sera dans le docu que Kusturica a consacré à Diego… Allez-y donc voir puisqu’on vous le dit .

En attendant un petit memorial pour le professeur Choron qui est mort à Paris le 10 janvier 2005. Manu l’a connu en 1991 on peut le voir sur le calendrier derrière eux.

Choron qui n’était pas du tout musicien mais directeur du mensuel Hara-Kiri s’était mis a écrire des chansons qu’il chantait le soir à la rédaction en martelant la table du poing .

J’avais organisé la rencontre Manu – Choron parce que je me doutais qu’ils se plairaient .

Je suis d’ailleurs mentionné comme entremetteur sur la pochette du 45T. Choron avait écrit une chanson intitulée « Les Pages Rouges du Bottin » et il lui fallait l’enregistrer, c’était tout à fait dans les cordes de « Los Carayos », le groupe du dimanche dans lequel jouait Manu:

Les pages rouges du bottin

l’assassin fait un dur metier

à l’heure du crime il faut s’lever

et pour tuer prestement

par la lame qui saigne à blanc

il étudie l’anatomie

il sait par où s’en va la vie

et qu’on peut pas saigner lavieille

en lui tranchant le gros orteil

l’assassin doit se cultiver

lire des revues specialisées

apprendre le geste du semeur

du semeur qui sème la peur

et que planté dans la poitrine

le couteau ne prend pas racine

mais qu’un couteau planté dans l’dos

devient un joli porte manteau

refrain :

y a assassin et assassin

y en a des moches

y en a des biens

se faire assassiner c’est rien

si on n’tombe pas sur un sagoin

y a assassin et assassin

pour trouver un bon assassin

voir les pages rouges du bottin

la chair humaine c’est pas du lard

le dépeçage est tout un art

l’assassin véritable artiste

avec un doigté de pianiste

ne découpe pas monsieur Dupont

comme on découpe le cochon

pour obtenir de beaux jambons

faut suivre le contour du caleçon

refrain

l’assassin est un gastronome

il sait apprecier le jus d’homme

chevalier du taste-sang

il goute dans une coupe en argent

le sang de l’adulte est gouleyant

il a de la robe le sang de l’enfant

Ah bon san de bon sang de bon sang

qu’elle serait triste la vie sans sang

refrain (a libitum)

Je suis en train de retrouver dans des placards quelques bouts filmés de ces séances. Vous en verrez peut être quelques extraits plus tard. Il n’est pas impossible non plus qu’on vous montre quelques fiches bricolages du professeur Choron.

Et puis bientôt vous saurez tout sur les tatouages de « Gambeat » le bassiste Radio Bemba que pouvez voir ici photographié par Chuco, l’homme du son du même groupe à Chicago lors de la réçente tournée US.


A suivre avec attention.