Ramon Chao

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Ramón Chao 4 – Las Andaduras del Che

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Mes amis Jorge Castaneda,

Pierre Kalfon y Paco Ignacio Taibo II,

sans oublier don Salvador de Madariaga, m’aidèrent (volontairement et involontairement) à écrire ce petit livre.

PROLOGUE


Je connais Ramon Chao depuis environ 35 ans; autrement dit, si l’on s’en tient aux statistiques d’il y a seulement deux siècles, toute une vie. Aujourd’hui, on peut s’estimer heureux si l’on atteint cet âge là en bonne santé.. Je lui souhaite de vivre encore le double, ne serait-ce que pour voir son corps couvert de tatouages.

Quand nous sommes devenus amis, Ramon avait trois livres à son actif: une biographie iconoclaste de Brassens, un guide ésothérique de Paris et le premier ma

nuel de politique espagnole opportun et objectif, dont la date de parution en France est exactement la même que celle de la mort de notre dernier dictateur.

Depuis lors, chacun de nous deux a suivi sa route sans jamais se perdre de vue, avec des rencontres régulières, des livres écrits ensemble et des voyages simultanés e

n Galice, à Porto Alegre et à Cuba. C’est précisément dans ce dernier pays, que nous nous sommes rendus peu après l’assassinat d’Ernesto Guevara. Je savais par l’ambassadeur de Cuba à Paris, que Ramon l’avait accompagné à Orly lors de l’arrivée des survivants de la guérilla du Che en Bolivie, parmi lesquels se trouvait le si célèbre Benigno. A La Havane, il a poursuivi ses recherches sur les circonstances du départ du ministre de l’Economie de Cuba, ses périples européens et africains, et son installation dans la montagne bolivienne. C’est ains

i que Ramon s’est forgé peu à peu une idée de ce personnage argentin mythique, idée qu’il a pu développer par la suite, grâce à son amitié avec Régis Debray.

Néanmoins, il ne put rien trouver qui ne soit déjà connu, tant il avait été publiés d’études, d’analyses, de recherches et de documents, parmi lesquels les Carnets du Che et les lettres à Fidel.

Mais ce qui est tout à fait inédit, c’est l’optique dans laquelle se place Ramon pour étudier la personnalité d’Ernesto Guevara. Je sais que Chao est un lecteur assidu de Cervantès, et je ne pense pas me tromper en affirmant qu’il a lu le Quichotte au moins dix fois. Il a pu ainsi établir des comparaisons entre les itinéraires de l’argentin, et les aventures du manchègue suivant la thèse de Salvador de Madariaga sur la progressive quichottisation de Sancho Panza, parallèle à la sanchification du chevalier, qui mourra dans son lit, de sa belle mort, tout comme le communiste Alberto Granado retournera sagement à Buenos Aires. Sancho Panza, au contraire, dans les derniers instants, poussera Don Quichotte à empoigner l’épée et à chevaucher Rossinante pour aller réparer toutes sortes de griefs.

Je reviens au thème des tatouages à peine évoqué plus haut, et le fais réapparaître dans les notes finales, suivant la structure d’une sonate.

Dans l’obituaire de Juan Carlos Onetti, rédigé par Ramon Chao dans le journal Le Monde ( révisé et approuvé par l’écrivain uruguayen lui-même ), celui-ci affirmait qu’il serait en très bonne compagnie au moment de sa mort: il lui suffirait pour cela d’appeler Larsen, Petrus, Angélique la belle et tous ses personnages, pour que ceux-ci accourent à son chevet. Depuis la disparition de son ami, Chao porte gravé sur son corps les illustrations de ses livres. Je lui souhaite encore soixante dix années de vie, afin qu’il continue d’écrire, et qu’il n’ait assez de bras, épaules, poitrine et autres membres pour exposer toutes les créatures de son imagination.

I.R.